Remaniement : le gouvernement a perdu ses bonnes résolutions

Elle n’aura pas duré longtemps la bonne résolution du nouveau monde : fini les copinage, place aux compétences et donc un peu (plus) aux femmes.  Un an et demi au pouvoir et patatra, plus de nana. Etonnant ? Pas vraiment… 

Edouard Philippe avec le nouveau Ministre de l’Intérieur et son Secrétaire d’Etat

Non pas que l’on avait grand espoir, notre Président nous a habitués à une protection rapprochée très masculine, mais il ne faudrait quand-même pas que ça passe inaperçu. Dans ce nouveau gouvernement fraîchement remanié : 8 nouveaux entrants, dont 7 hommes. Une femme écartée (Françoise Nyssen à la culture avec un bilan plus que contesté) et une femme nommée : Jacqueline Gourault. On garde la balance, ni plus ni moins. Mais la seule femme nommée, à  un ministère peu exposé : ministère de la Cohésion des  Territoires, sera, rassurez-vous, bien entourée. En effet pour l’aider dans sa tâche, elle sera donc épaulée par deux jeunes loups du gouvernement  : Sébastien Lecornu, Ministre chargé des Collectivités Locales et Julien Denormandie, très proche du Président, nommé Ministre chargé de la Ville et du Logement. Une ministre et deux autres ministres, pas question de faire de ces fidèles au Président de simples Secrétaire d’Etat.

LES FEMMES ? ALLEZ VOIR DU CÔTÉ DES  SECRÉTARIATS D’ETAT

Christelle Dubos, nouvelle Secrétaire d’Etat à la Santé

Pourtant des secrétaires d’Etat, il y en a de nouveaux, enfin devrions- nous dire de nouvelles : sur les quatre nommées, trois femmes. Agnès Pannier-Runacher d’abord, nommée à Bercy. Emmanuelle Wargon, Secrétaire d’Etat à l’Ecologie. Et enfin Christelle Dubos nommée auprès d’Agnès Buzin, à la Santé. Et oui la Santé est une affaire de femmes voyons.
Le quatrième et dernier Secrétaire d’Etat est l’ambitieux Gabriel Attal. Après avoir été porte-parole du parti présidentiel, il a été nommé ce mardi, à 29 ans, secrétaire d’État chargé de la jeunesse et du service national universel (SNU) auprès du ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer.

A voir le profil de chacune et chacun, on peut remarquer que les femmes nommées dans ce gouvernement ont la même caractéristique principale : ce sont de bonnes techniciennes dans leur domaine. Pour la politique , c’est autre chose, chasse gardé aux proches de Jupiter. Tous mâles.

Pour preuve, retenons de ce gouvernement : Christophe Castaner le plus-que-proche  à l’Intérieur, et Didier Guillaume, ancien PS, à l’Agriculture.

 

LES HOMMES RESTENT PERCHÉS

Barbara Pompili se serait bien vu au Perchoir

Ça aurait pourtant été une première dans notre Histoire : une femme au Perchoir. Être Présidente de l’Assemblée Nationale Barbara Pompili y pensait, voire plus. Après tout, la République en Marche nous avait promis un monde nouveau, où les copinages entre mâles dominants n’auraient plus forcément la loi. Alors certains se prenaient à y croire : après tout, ne serait-ce pas un formidable signe de renouveau, de nouvelles traditions, de modernité ? A l’ère d’une nation start-up, voulue par Emmanuel Macron, le signe aurait été fort. Mais non, la parité restera ce qu’elle est : aux portes du plafond de verre. Nombre équitable d’hommes et de femmes dans le gouvernement, mais les très hautes responsabilités restent aux mains des mêmes. Richard Ferrand, le fidèle des fidèles, malgré quelques casseroles judiciaires, n’aura pas été très inquiet quant à l’acquisition de son siège.  

COPINAGES ET MINISTÈRES

Alors voilà qui nous dit une chose : le vieux monde n’est pas mort, les anciennes tambouilles marchent encore très bien, merci.  Ce vieux monde qui nécessite un réseau, un réseau d’influence… et à ce petit jeu, ce nouveau remaniement nous prouve que les liens des mâles sont impénétrables…

 

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