MISS SUR LE TOUR DE FRANCE : ON N’AVAIT PAS DIT QU’ON ARRÊTAIT ?

L’organisateur du Tour l’avait pourtant annoncé cette année : il « se prépare à en finir avec cette tradition ». Cela prendrait même effet  dès cette édition 2018.
Et puis non. A l’arrivée des coureurs, après chaque étape, elles sont toujours là, les miss, tout sourire, pour remettre bouquets de fleurs et bisous aux vainqueurs sur les podiums.
La faute à la tradition, ma bonne dame.

 

Julian Alaphilipps sur le podium en 2016 entouré de 2 hôtesses

D’autres ont donné l’exemple

Car la Tradition a rattrapé les bonnes volonté. En mars dernier, l’ ASO (l’organisateur du Tour de France) rétro-pédalait et annonçait réfléchir cette fois au maintien des miss sur les podiums. Bad news.
Pourtant, d’autres l’ont fait. La Formule 1 a ainsi ouvert la voix dès janvier dernier en retirant les miss du bitume.  Choisies pour leur plastique, elles portaient parapluie et pancartes sur la grille de départ pour indiquer l’emplacement des monoplaces.

Jeune femme sur une grille de départ au Grand Prix du Mexique en 2015.

Mais Liberty Media, propriétaire de la F1, a décidé de stopper cette tradition devenue contraire “aux normes sociétales actuelles”.
Tu m’étonnes.

 

La France à la traine

Mais comme souvent en matière d’égalité homme-femme, la France ne brille pas par son exemplarité ni par son avant-gardisme. Car même dans le cyclisme, certains pays ont abandonné cette tradition sexiste et dépassée. Ainsi, les Tour d’Australie et d’Espagne ont stoppé ces “grid girls” des podiums. En Australie, elles sont désormais remplacées par des enfants, et en Espagne, elles sont accompagnées de messieurs et n’ont plus le droit d’embrasser les joueurs pour leur dire “bravooo”.

C’est bien pour l’image des femmes

Mais en France, on est réfractaire jusque dans le peloton. Comme Julian Alaphilippe (en haut sur la photo entouré de miss) qui déclare : “Je trouve ça scandaleux de pouvoir imaginer supprimer les miss. Cela fait partie de l’histoire du Tour de France et même de toutes les courses. C’est bien pour elles, pour l’image du cyclisme et des femmes. »
Non jeune homme, continue de pédaler, surtout ne te retourne pas tu es déjà bien à la bourre, encore dans le siècle dernier. Parce que non, deux (jolies) jeunes femmes sans parole, tout sourire avec un bouquet de fleurs à la main et là pour embrasser le vainqueur, ce n’est pas vraiment l’image que les femmes d’aujourd’hui ont envie de renvoyer.
Et pas question de compter sur nos amis belges non plus ” Je pense qu’on va trop loin” déclarait en mars Greg Van Avermaet, vainqueur du dernier Paris-Roubaix.

Une femme sur un podium n’est pas un objet

Et les hôtesses elles-mêmes ne trouvent rien à redire à cette tradition un brin kitch. “Honnêtement, on polémique beaucoup. Je connais parfaitement le milieu cycliste. Il y a cette tradition. Il n’y a rien de bien méchant. Je ne vois pas où est la polémique. Je ne crois pas qu’il faille dire qu’une femme soit un objet parce qu’elle monte sur un podium. C’est ridicule et c’est rabaisser le travail des hôtesses.” déclare Marion Rousse , ancienne cycliste professionnelle et ancienne Miss sur le Tour de France.

La jeune femme, aujourd’hui consultante pour France Télévision sur le Tour, précise qu’il y a bien d’autres combats à mener dans le cyclisme et ailleurs pour l’égalité homme-femme: “Je me suis battue pour arriver à ma place, pour qu’une fille puisse parler de cyclisme à côté de Jacky Durand, de Richard Virenque. Je me bats pour mes convictions depuis des années. Pour qu’il y ait plus de retransmissions de cyclisme féminin à la télé, pour que les cyclistes féminines aient un salaire. Pour que les femmes soient reconnues comme les hommes. ” On ne peut être que d’accord avec elle.

Mais tout de même, il serait temps que les “grid girls” disparaissent des podiums. Ca nous éviterait ce genre d’image.

Regarde Marcel, je lui pince le cul

Ahlala la tradition…

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